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Humour versus sarcasme en entreprise

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Il y a quelques jours, j’intervenais dans une entreprise pour accompagner des managers dans le développement de leurs compétences psychosociales.

 

Pendant une pause, je me retrouve à discuter avec trois personnes : une collaboratrice RH, un membre de la gouvernance et l’un des managers qui venait de suivre la formation.

 

 

La collaboratrice RH propose alors une idée que je trouve particulièrement pertinente.

 

 

Avec humour, je lui dis : « Ah bah toi, tu n’as pas qu’un physique : tu as un cerveau et tu t’en sers, ça fait plaisir ! ». Nous rions 😁

 

 

Et puis, instantanément, le membre de la gouvernance regarde le manager en face de moi et lui lance : « Et toi, qu’est-ce que ça te fait de savoir qu’il y a des gens qui ont un cerveau et qui s’en servent ? »

 

 

Silence. Je me sens sidérée de la violence de ce que je viens d’entendre. Je me sens aussi gênée d’être témoin de cette scène, bien malgré moi. 😅

 

 

En même temps, je pense sincèrement qu'au moment où il ouvre la bouche ce membre de la gouvernance n’a aucune mauvaise intention.

 

 

Donc voilà 2 phrases prononcées successivement, probablement 2 intentions similaires (faire de l’humour) mais 2 impacts très différents.

 

 

Humour vs sarcasme : une frontière fine mais essentielle

 

L’humour crée du lien. Il repose souvent sur la connivence, l’autodérision ou l’exagération bienveillante.

Le sarcasme, lui, est une arme déguisée. Il se sert de l’humour pour rabaisser, piquer ou rétablir une position de pouvoir.

 

 

Dans les organisations, cette différence est cruciale. Car le sarcasme agit comme un micro-signal culturel : il indique ce qui est valorisé… ou ce qui est permis.

 

 

Lorsqu’une remarque sarcastique vient d’une position de pouvoir, elle peut :

  • créer un climat d’insécurité psychologique

  • dissuader les prises d’initiative

  • installer des dynamiques de domination implicites

 

 

Et souvent, cela se joue en quelques secondes.

 

 

Ce qui se joue dans ces moments n’est pas seulement une question d’humour. C’est souvent une question d’ego.

 

 

Quand quelqu’un propose une bonne idée, deux réactions sont possibles :

  1. L’ego sécurisé : il valorise l’idée et la contribution.

  2. L’ego menacé : il cherche à rétablir un statut, parfois par une pointe d’ironie ou de dévalorisation.

 

 

Dans les entreprises, les cultures managériales se construisent précisément dans ces micro-interactions. Pas dans les grandes déclarations mais dans les petites phrases. 😊

 

 

Quelques pistes de réflexion pour les organisations

🔹 Observer les micro-comportements
Les cultures d’entreprise se lisent dans les détails : les blagues, les interruptions, les regards.

🔹 Développer la sécurité psychologique
Un manager qui se sent rabaissé devant ses pairs prendra moins de risques la prochaine fois. Mettre des barrières lorsque les limites sont dépassées est crucial.

🔹 Travailler la conscience de l’ego
Plus on monte dans la hiérarchie, plus l’impact de ses mots est fort.

🔹 Réhabiliter l’humour sain

 

L’humour peut être un formidable levier relationnel… lorsqu’il élève plutôt qu’il n’abaisse.

 

 

Les compétences psychosociales ne se développent pas uniquement dans les formations. 

 

 

Elles se révèlent surtout dans les moments informels (les pauses, les réactions spontanées, etc.), et parfois… dans une simple phrase.

 

C'est bien en se changeant soi-même, qu'on va le changer ce monde 🙏🤗

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