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Le manager dans le triangle de Karpman

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Quand les bonnes intentions mènent à des impasses managériales 😅

On pense souvent qu’un manager « toxique » est malveillant, autoritaire ou manipulateur.

 

Mais dans la réalité, certaines dynamiques toxiques se mettent en place… avec les meilleures intentions du monde.

 

C’est ce que le triangle dramatique de Karpman permet de comprendre :

Un schéma relationnel inconscient, où chacun prend tour à tour un des trois rôles suivants :

·       Le Sauveur : "Ne bougez pas, je vais tout régler !"

·       Le Persécuteur : "C'est toi le problème, assume !"

·       La Victime : "Ce n'est pas de ma faute, je subis..."

 

Et si ce schéma était plus présent que vous ne le pensez… dans votre équipe, ou dans votre posture managériale ?

 

1️⃣ Le Sauveur (Démineur)

Intention de départ : aider, protéger, soulager. Mais le Sauveur finit par prendre sur lui les responsabilités des autres, à leur place.

📌 Exemple concret : Sophie, manager d’équipe, voit que ses collaborateurs sont sous l’eau. Elle veut bien faire. Elle allège leur charge, prend des dossiers à leur place, reste tard le soir pour “que ça avance”. Elle anticipe les conflits, évite les tensions, et dit souvent “Je vais gérer”.

 

Résultat :

·       Elle s’épuise

·       Son équipe devient dépendante

·       Et paradoxalement, la charge ne baisse jamais, car personne ne monte en autonomie

 

👉 Le Sauveur crée une illusion d’efficacité à court terme, mais empêche la montée en compétence et fragilise la dynamique collective.

 

2️⃣ Le Persécuteur (Briseur)

Quand le Sauveur craque, il glisse vers l’autre extrême : la rigidité, la critique, parfois l’agressivité passive.

 

📌 Exemple concret : À force de tout porter seule, Sophie finit par exploser : “Je ne peux pas tout faire à votre place !” Elle coupe les échanges en réunion, impose des décisions, devient moins disponible. On la sent tendue, froide, cassante.

 

Résultat :

·       Le climat se détériore

·       Les collaborateurs se taisent

·       La confiance se fissure

 

👉 Le Persécuteur agit souvent par fatigue ou frustration… mais ce durcissement relationnel détruit le lien et bride la communication.

 

3️⃣ La Victime (Le Lamenteur)

Troisième étape du triangle : l’auto-apitoiement. Quand le manager sent que ses efforts ne suffisent plus, il peut basculer dans une posture de résignation ou de repli.

 

📌 Exemple concret : Sophie commence à dire : “De toute façon, ils ne s’impliquent pas.” “Je ne suis pas faite pour ce rôle.” “Je donne tout, et ça ne change rien.”

Elle doute. Elle s’épuise. Elle ne croit plus en son impact. Elle continue à “faire le job”, mais sans énergie, ni envie, ni alignement.

 

👉 La Victime n’est pas faible : elle est désalignée. Elle reste seule face au système, sans oser demander du soutien ni poser de limites.

 

❗ Le piège, c’est l’enchaînement

 

Le triangle dramatique est dynamique : on passe d’un rôle à l’autre, parfois en quelques jours… voire en une même journée.

➡️ Le manager veut aider (Sauveur) ➡️ Sature (Persécuteur) ➡️ Et finit par craquer (Victime)

 

Ce cycle peut se répéter indéfiniment s’il n’est pas identifié et travaillé.

 

✅ Comment en sortir ?

1.     Prendre conscience des rôles : “Dans quelle posture suis-je en ce moment ?”

2.     Mettre des limites claires : Être manager ne signifie pas tout faire, tout tolérer ou tout encaisser.

3.     Responsabiliser l’équipe : Aider, oui — mais sans priver les autres de leur autonomie.

4.     Demander du soutien : Le manager n’est pas seul. Mentorat, supervision, coaching, RH… il existe des ressources.

5.     Créer un espace de feedback : pour sortir du non-dit et du ressentiment.

 

🔁 En résumé :

Même avec les meilleures intentions, un manager peut nourrir des dynamiques toxiques s’il ne prend pas soin de lui et de la qualité de la relation. Il est donc crucial de ne pas mixer « bonnes intentions » avec impact que cela à sur les équipes

Le triangle dramatique n’est pas un piège inévitable et réservé aux pervers narcissiques : c’est un signal d’alerte et je le vois quotidiennement en entreprise

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